Le blog d’un chercheur et formateur en histoire de l’art

Le blog d’un chercheur et formateur en histoire de l’art
en Provence… et ailleurs


L’art où, par qui, et comme il s’est fait.
Les articles régulièrement postés ici rendent compte d’une activité de recherche, de publication et de conception d’outils pédagogiques.
Ce blog déroule une vision concrète et sensible de l’histoire de l’art entrevue dans ses relations de proximité avec un territoire, avec des artistes parfois surpris dans leur travail d’atelier.
Une collection de monographies sur des peintres méconnus invite à (re)découvrir un patrimoine parfois insoupçonné en Provence. Des publications et des conférences en communiquent les récentes mises à jour. Des dossiers d’étude à destination des collectivités contribuent à la connaissance, aux décisions de conservation et aux choix de mise en valeur d’œuvres longtemps ignorées voire remisées.
Un ensemble de supports et matériels pédagogiques s’adresse à des publics divers, allant de l’outil de médiation à l’objet de formation.

Patrick Varrot
Formation, recherches et publications en histoire de l'art
Marseille
Pour tout contact: patrick.varrot@wanadoo.fr

mercredi 18 juin 2014

Conférences


La peinture sur les murs en Italie


Cycle de conférences – Avril à décembre 2014
Avignon, Palais des Papes

Organisé pendant la période de restauration des fresques de la chapelle Saint-Martial, peintes sous la direction de Matteo Giovanetti entre 1344 et 1346, il est consacré aux fresques italiennes antérieures à la réalisation de cette chapelle à Avignon.

 
 
 
 
 
Jeudi 3 avril 2014

Peindre à fresque au XIVe siècle. Une approche sensible des matériaux et des techniques mises en œuvre.

par Patrick Varrot

Le XIVe siècle fut marqué par une intense activité des ateliers sur les chantiers de décors muraux, en particulier dans le domaine de la peinture à fresque. Bien qu'ancestrale, cette pratique ne fut auparavant que très peu décrite dans la littérature artistique. Soucieux de transmettre leur savoir-faire, les auteurs de traités picturaux, souvent artistes eux-mêmes, ont pour la première fois abordé la fresque comme technique spécifique au XIVe siècle. La conférence proposée adopte le parti pris d'un aller-retour entre faire-savoir et savoir-faire. Sur le temps d'une heure trente sont découvertes des sources historiques, pour la plupart méconnues, et les applications concrètes des procédés dont elles témoignent, voire qu'elles enseignent avec pédagogie. L'objectif reste de faire partager de manière sensible l'expérience des artistes et de leurs équipes sur un chantier de peinture à fresque au Moyen âge. Cette conférence-atelier a été conçue en trois temps et deux mouvements. Trois temps respectant le suivi chronologique de la mise en œuvre (le travail antérieur à la peinture : les enduits, la fabrication et la préparation des outils ; les phases préparatoires à la peinture : le report du dessin et la préparation des ornements à " attacher au mur " ; la peinture à fresque et les rehauts à sec : le choix des liants, la gamme des principaux pigments). Deux mouvements pour chaque temps : la transmission des informations puis la découverte sensorielle et la manipulation des matériaux échantillonnés, d'outils et d'essais restitués selon les méthodes de l'archéologie expérimentale. Accessible à tous les publics, cette intervention n'en apporte pas moins son lot d'interrogations scientifiques. Un grand nombre de procédés, parfois simples "recettes", n'ont en effet pu être à ce jour identifiés sur ou dans les œuvres conservées.

Jeudi 22 mai 2014
Rome, fresques et mosaïques.
par Alessandro Tomei, professeur à l’Université de Chieti.

Jeudi 5 juin 2014
Assise, la basilique San Francesco (v. 1277-80 – v. 1325) : Cimabue, Torriti, Giotto, Pietro Lorenzetti, Simone Martini.
par Bruno Zanardi , professeur à l’Université d’Urbino.
 
Mardi 23 septembre 2014
Padoue, la chapelle des Scrovegni, Giotto, 1303-5
par Davide Banzato, Directeur des Musei civici de Padoue.
 
Mercredi 8 octobre 2014
Florence, les fresques du transept de l’église Santa Croce : Chapelles Peruzzi et Bardi, Pulci Berardi, Baroncelli, Chapelle Bardi di Vernio.
par Andrea De Marchi, professeur à l’Université de Florence.

Jeudi 6 novembre 2014
Sienne, Palazzo Pubblico, Simone Martini, Ambrogio Lorenzetti.
par Patrick Boucheron, professeur à Paris I.

Jeudi 4 décembre 2014
San Gimignano, collegiata Santa Maria Assunta, Lippo Memmi (?, vers 1340).
par Elisabeth Mognetti, conservateur général du Patrimoine

Centre des Congrès du Palais des Papes, Salle du Trésorier
Horaires : 18h30
Tarif : 7 € par conférence, gratuité accordée aux étudiants
Renseignements :
Avignon Tourisme
04 32 74 32 74
www.avignon-tourisme.com

lundi 12 mai 2014

Monographies : peintres méconnus en Provence

Coriolano Malagavazzo (Crémone, 1543 ou 1547 – Milan, 1595)


La commune de Gassin, près de Saint-Tropez, conserve un tableau du Don du Rosaire daté de 1587 qui avait attiré l'attention d'éminents historiens de l'art. Œuvre précoce en Provence, on y vit une importation de l'école bolonaise qui, en cette fin du XVIe siècle, posa les bases du classicisme de la peinture du siècle suivant. Cas isolé, ce tableau ne suscita guère plus d'interrogations sur les conditions de son arrivée dans l'ancien diocèse de Fréjus, que de pistes pour la recherche d'un auteur, pas forcément émilien. Cette étude décortique par le détail une série d'éléments comme autant de fils reliant la toile au couvent des Prêcheurs de Draguignan, à sa chapelle du Rosaire, à l'épisode de la " contagion " de 1587 qui transforma le lieu sacré en annexe d'hôpital. La mise en scène de l'image tempère le huis clos avec un calme paysage, le drame théâtral par une sérénité des attitudes et des couleurs. S'y décèle dès lors un écho de toiles milanaises, guidant la recherche d'un auteur, de la capitale lombarde à sa ville natale, Crémone. Un nom semble en effet s'imposer, celui de Coriolano Malagavazzo, déjà signataire d'une œuvre ayant abouti à Levens, en pays niçois. Quel rôle joua donc l'école crémonaise dans la maturation d'une peinture classique en France ? Quels rouages les Dominicains mirent-ils en action pour en favoriser l'importation en Provence ? Quelle réception put trouver cette œuvre à Draguignan, qui, encore dix ans auparavant, prenait le parti d'une peinture toujours archaïque ? Ce Don du Rosaire, malheureusement défiguré par un repeint, paraît correspondre à l'un des chaînons manquants de l'histoire de la peinture moderne en Provence.
 

Le Don du Rosaire de Gassin (1587). Une toile crémonaise de l'église des Prêcheurs de Draguignan ? Etude sur la provenance et l'attribution du tableau au peintre Coriolano Malagavazzo
Janvier 2014
43 pages, 20 x 28,7 cm, reliure spirale
59 illustrations couleurs et noir et blanc.

mardi 6 mai 2014

Dossiers d’étude

Mise en exposition des ex-voto de la chapelle Notre-Dame de Pitié

Décembre 2013


Dans le cadre de la restauration et du réaménagement de la chapelle Notre-Dame de Pitié, l’Association des Amis du Vieux Marignane a souhaité une étude préalable de sa collection d’ex-voto peints.
L’objectif en est de définir un projet de mise en exposition en adéquation avec l’histoire, la nature et les caractéristiques de l’ensemble classé monument historique en 1983, entièrement restaurés en 2009-2010 par Mme Marina Weissman. De plus, cette étude accompagne et prend en considération un projet scénographique global.
Une redéfinition et une circonscription de la collection d’ex-voto s’est avérée nécessaire, des œuvres d’un autre type y ayant été adjointes. Un remembrement de l’ensemble des plaques votives dites « scripturaires » permettra une présentation historique continue, l’écrit ayant supplanté l’image à partir des années 1870.
Le premier pan de l’étude détaille chaque pièce de la collection : datation la plus précise possible, identification du sujet, du donateur quand son nom apparaît, attribution à un peintre local quand cela est possible. S’ensuit une étude globale de la collection : son histoire, sa documentation, ses lacunes, sa composition actuelle, ses principales caractéristiques, ses rapports au territoire de la commune, aux collections du pourtour de l’Etang de Berre, du département, de la région.
Le second pan propose un projet de mise en exposition matérialisant les grandes lignes établies par l’approche précédente. Un plan d’accrochage rend ainsi visible le séquençage de la collection, des rapprochements d’œuvres dans chaque séquence adoptent des partis plus iconographiques, esthétiques ou monographiques. S’ensuit une proposition de dispositif de protection et de signalétique, en vue d’une présentation permanente et de possibilités d’accrochages temporaires selon une programmation culturelle à déterminer.

mardi 8 avril 2014

Matériels pédagogiques

Le site archéologique de Glanum accessible à tous

Une valise ludique et tactile pour comprendre la cité gallo-romaine

 

L’opération Monuments pour tous initiée par le Centre des Monuments Nationaux a occasionné la réalisation de ce matériel particulièrement adapté aux publics déficients sensoriels.

Tapis et plan tactiles à superposer, panneaux et magnets à associer au recto, traduits en reliefs (cuvette et saillie) au verso, maquettes, figurines et fac-similé permettent de restituer à partir des restes aujourd’hui accessibles, l’état originel supposé des éléments constitutifs de la ville antique, ainsi que l’histoire de la mise à jour du site.

Passages du plan à l’élévation, de nos jours à l’antiquité, de la ruine au bâti, du bâti à la vie qu’il conditionnait et abritait, s’opèrent ainsi au fil des montages et démontages successifs des éléments de la valise, d’abord manipulés en salle puis transportables sur le site.









 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Renseignements
Site archéologique de Glanum
Service d’action éducative
Avenue Vincent Van Gogh
13210 SAINT-REMY-DE-PROVENCE
04 90 92 35 07

Matériels pédagogiques : métiers, savoir-faire et techniques artistiques

Peindre sur panneau au Moyen âge

Une mallette pour le Musée du Petit Palais d’Avignon


Le Musée du Petit Palais d’Avignon conserve l’une des plus importantes collections de peintures médiévales, en grande partie italiennes, en France.
Son service éducatif a souhaité la conception et l’élaboration d’un matériel pédagogique afin d’aborder, de manière concrète et en présence des œuvres, le travail des ateliers de peintres. Issue de recherches scientifiques et d’essais techniques, la mallette proposée rassemble une sélection de supports les plus fréquemment fabriqués, d’outils et instruments les plus usités, des matériaux constituant la plupart des enduits, assiettes à dorer et couches colorées.
Ainsi y trouve-t-on panneaux de peuplier, entoilé, doublé de parchemin, encollés et enduits de gesso à la colle de peau ou de parchemin, stylets d’os ou de bois, charbons de saule, encre à l’atramentum, poinçon à « grainer », brunissoir d’agate. Un échantillonnage relativement complet regroupe gesso de Bologne, bol d’Arménie, ainsi qu’une vingtaine de pigments d’origine minérale, animale et végétale, précieux pour certains (lapis-lazuli, orpiment, etc.), produits par de simples ou savantes transformations chimiques pour d’autres (céruse, cinabre, etc.).
Le tout est à retrouver sur, dans, voire derrière les œuvres du musée.
 

Renseignements
Musée du Petit Palais
Service éducatif
Palais des Archevêques – Place du Palais des Papes
84000 AVIGNON
04 90 86 44 58
serviceeducatif.museepetitpalais@mairie-avignon.com

jeudi 27 mars 2014

Monographies : peintres méconnus en Provence

Jean-Antoine Courcelles (Aix-en-Provence, vers 1670 – Castelnaudary ?, vers 1750).


Passer d'un siècle, d'une province, d'une pratique, à l'autre. Ce sont les chemins suivis par cette étude sur Jean-Antoine Courcelles, occasionnée par l'identification de sa signature à Vernègues, près de Salon-de-Provence. Constitué de deux œuvres certaines, le catalogue bien chétif permet de sortir de l'isolement la Sainte Famille de Vaugines, venue s'ajouter aux trois courtes notices de Jean Boyer sur les Courcelles connus de 1658 à 1728. Mais quid de ce Jean Antoine, Corsel à Avignon, Courcelle à Castelnaudary, cité par les archivistes du Vaucluse et de l'Aude au XIXe siècle ? Cette monographie propose de suivre l'itinéraire du cadet d'une fratrie, figurant certainement parmi les premiers bénéficiaires de l'enseignement de l'école de dessin de Toulouse réformé par Antoine Rivalz. Formé par son frère Antoine d'abord sculpteur, Jean-Antoine révèle par son parcours les limites d'un mode d'apprentissage, un visible déclin de la peinture aixoise, l'existence de potentiels foyers artistiques inexplorés comme le Pays Salonnais et le Lauragais. Retournement de l'histoire, celle du cadet met en lumière vie et œuvre des aînés. Gaspard, apprenti du réputé Gilles Garcin, serait peut-être l'auteur de quelques touches sur des toiles de son maître comme le Saint Eloi de Roquevaire. D'Antoine, il reste la pâle polychromie d'un cadran d'horloge à Aix, peut-être une bannière récemment restaurée à Saint-Zacharie. Et de Jean-Antoine, cet hommage rendu par le salonnais César de Mark, à deux illustres figures familiales de la Contre-Réforme et, probablement, des œuvres encore anonymes entre Carcassonne et Toulouse où il exerça durant un quart de siècle.

 
Jean-Antoine Courcelles (v. 1670 - v. 1750) : Itinéraire d'un peintre aixois de Provence en Languedoc. Etude autour de deux œuvres conservées en Provence.
Mai 2013
33 pages, 20 x 28,7 cm, reliure spirale
39 illustrations couleurs et noir et blanc.

Monographies : peintres méconnus en Provence

Jean Gody (Brignoles, 1620 – Aix-en-Provence, 1685).


Jean Gody fait partie de ces peintres du XVIIe siècle qui ne suscitèrent guère l'intérêt des historiens. Connu par quelques mentions de signature et notices éparses, son œuvre resta classé comme " médiocre ". Une étude attentive aux documents d'archives et la mise à jour d'un catalogue aujourd'hui enrichi permettent d'entrevoir plus nettement la personnalité de cet artiste. Originaire de Brignoles, probablement formé dans l'atelier aixois de François Mimault, il participa aussi à la vie artistique du pourtour de l'Etang de Berre. Des documents inédits révèlent sa proximité insoupçonnée avec Jean Daret, maître incontesté de la peinture en Provence durant le Grand Siècle. Gody assura en effet selon toute vraisemblance l'apprentissage de Jean-Baptiste Daret, fils de Jean. C'est cependant vers les apports de Reynaud Levieux, peintre nîmois " classique " que l'observation de ses toiles ramène. Cette étude apporte un éclairage sur le contexte pictural de la ville de Brignoles au XVIIe siècle, sur les grands chantiers de décor des édifices religieux de Martigues, sur la vie artistique aixoise
" sans " Jean Daret, lors de son séjour parisien et au moment de sa succession. Guidée par le thème récurrent du Don du Rosaire, la recherche des peintures de Gody suit des chemins de traverse. Aux " plat-fonds " de retables d'églises et chapelles alors villageoises (Rognes, Jouques, Saint-Paul-lès-Durance, Alleins, Grimaud), se succèdent les grands ensembles baroques martégaux et des découvertes inattendues sur les cimaises du Musée du Pays Brignolais.
 

Jean Gody (1620-1685), peintre à Aix, Brignoles et Martigues. Etude autour de douze œuvres conservées en Provence.
Mai 2012
79 pages, 20 x 28,7 cm, reliure spirale
46 illustrations couleurs et noir et blanc.