Le blog d’un chercheur et formateur en histoire de l’art

Le blog d’un chercheur et formateur en histoire de l’art
en Provence… et ailleurs


L’art où, par qui, et comme il s’est fait.
Les articles régulièrement postés ici rendent compte d’une activité de recherche, de publication et de conception d’outils pédagogiques.
Ce blog déroule une vision concrète et sensible de l’histoire de l’art entrevue dans ses relations de proximité avec un territoire, avec des artistes parfois surpris dans leur travail d’atelier.
Une collection de monographies sur des peintres méconnus invite à (re)découvrir un patrimoine parfois insoupçonné en Provence. Des publications et des conférences en communiquent les récentes mises à jour. Des dossiers d’étude à destination des collectivités contribuent à la connaissance, aux décisions de conservation et aux choix de mise en valeur d’œuvres longtemps ignorées voire remisées.
Un ensemble de supports et matériels pédagogiques s’adresse à des publics divers, allant de l’outil de médiation à l’objet de formation.

Patrick Varrot
Formation, recherches et publications en histoire de l'art
Marseille
Pour tout contact: patrick.varrot@wanadoo.fr

vendredi 10 janvier 2020

Dossiers d’étude

Le château et le domaine de La Colle Noire d’après les papiers des familles Poulle et Reibaud. Dossier d’étude sur une partie du fonds Louis Jourdan conservé aux Archives départementales des Alpes-Maritimes.

Novembre 2019

Quelques mois après la disparition de Christian Dior, le romancier et critique d'art Paul Guth consacrait en 1958 un article à son château de La Colle Noire récemment (et profondément) rénové. « Avant tout il voulut donner l'impression qu'on avait habité là, sans arrêt, depuis le XVIIIe siècle et que chaque propriétaire, au gré de son humeur et des modes de son temps, avait effectué telle ou telle modification ». Ces quelques indications lui ont de toute évidence été données par l'architecte André Svetchine qui a procédé à la métamorphose architecturale des lieux englobant une mystérieuse « tour » datée du XVe siècle faute de documentation historique. Entre décembre 2018 et mars 2019 était mise en œuvre une étude sur le tableau, le décor et le mobilier de la chapelle Saint-Barthélemy, satellite volontairement détaché du domaine de La Colle Noire par Christian Dior en 1953. Selon la même démarche et les mêmes méthodes, Guillaume Garcia-Moreau, responsable du site patrimonial, a souhaité poursuivre les travaux d'une recherche historique sur ledit domaine et son château acquis par les Parfums Christian Dior en 2013. Fondée sur le dépouillement des sources archivistiques, leur confrontation à des connaissances pluridisciplinaires et à un patrimoine monumental et artistique, bref matériel, elle s'intéresse dans ce volet à la personne d'Henri-Emmanuel Poulle, considéré comme fondateur, à l'exact milieu du XIXe siècle, de « La Colle Noire ». L'histoire de la propriété de cet avocat, député et conseiller général, lui ressemblait, somme toute. Du moins d'après la seule image que pouvait générer la trame de ses biographies officielles. Les quelques publications sur les origines de cette résidence de campagne, n'en ont, de ce fait et jusqu'à présent, retenu qu'une histoire très administrative, juridique et notariale. Elle se résume pour l'essentiel à la succession de ses propriétaires et à un état cadastral figé dans le temps. Ce temps demeure en l'occurrence celui des géomètres et des percepteurs, court et cerné entre 1839 et 1840, avec quelques fébriles mouvements de curseur enregistrant des évolutions légales et fiscales déclarées en 1850 et 1861, pour des modifications finalement assez mal identifiées… toujours faute de documentation historique. L'intuition de Christian Dior ne pouvait-elle cependant trouver meilleure confirmation ? On a pourtant bien, pour la période concernée, « habité là, sans arrêt », et le propriétaire y a bien procédé à des modifications « au gré de son humeur et des modes de son temps », à quelques restrictions près. En 2016 était exploité un des dossiers du fonds Louis Jourdan versé aux Archives départementales des Alpes-Maritimes par l'époux d'une arrière-petite-fille d'Henri-Emmanuel Poulle. Par son intitulé focalisé sur « La Colle Noire », le « 8 J 416 » a été repéré dans l'inventaire de ces archives familiales publié en 1992, mais côtoie en réalité cinquante-deux autres articles aux noms de personnes en lien avec le domaine, comme la dame Ravanas, épouse dudit Poulle, Pauline Poulle épouse Reibaud, leur fille, et Félix Reibaud, leur gendre antibois pour ne citer que les propriétaires. Apparaîtront au fil du dépouillement Ferdinand et Félix Poulle, frères du principal concerné et véritables chevilles ouvrières oubliées de celle qu'on ne dénomme que « La Colle » jusqu'aux environs de 1850, mais aussi des parents, des alliés, des amis, des proches, des fermiers au sens premier du terme, des artisans, des maîtres d'ouvrage, un architecte… Ainsi, les cinquante-trois dossiers, soit le mètre et demi linéaire d'archives concernant les familles Poulle et Reibaud, se sont-ils avérés gisement de matière première pour l'histoire de La Colle Noire comme création paysagère, architecturale, et cadre d'une vie saisie dans ses moindres détails et sa quotidienneté, à travers cent trente documents transcrits en annexe de l’étude. Au fil des pages et des pièces extraites du fonds Louis Jourdan, se sont révélées les grandes heures de La Colle Noire sous la plume de son fondateur. Au détour d'une note est apparu un « colombier central », point de départ de l'identification du noyau de la bâtisse originelle, puis de la localisation d’un relais de poste déjà bien connu. A la faveur d'un modeste pense-bête a émergé le premier « cabinet » comme pièce de la première maison nouvellement construite en 1850, logiquement suivie de la seconde venue la prolonger pour constituer le nouveau château ou fier « castel » couronné de ses deux pavillons. Ses principales pièces et satellites ont pu être identifiés dans leur fonction originelle. Plusieurs sources d’inspiration évoquées par le propriétaire lui-même dans ses papiers personnels (faisant part de visites, prises de notes précises) puisent à des modèles aixois, varois, et même d’autres provinces insoupçonnées, aristocratiques comme ruraux. Enfin, au registre des avancées de la connaissance figurent les noms des constructeurs, artisans et architecte d'une partie de La Colle Noire. Cette démarche s'est également appliquée au paysage du domaine et à une partie de la collection d’œuvres d’art constituée par Poulle entre Aix, Draguignan et Montauroux.
 
Dossier actuellement réservé à la communication interne de la société des Parfums Christian Dior.

mercredi 18 septembre 2019

Matériels pédagogiques : métiers, savoir-faire et techniques artistiques

Peindre un ex-voto sur bois aux XVIIIe et XIXe siècles

Juillet 2019

La commune de Bouc-Bel-Air conserve une des plus importantes collections d’ex-voto peints du département des Bouches-du-Rhône provenant de la chapelle Notre-Dame-d’Espérance. En partie mise en exposition dans l’église, elle fait l’objet de fréquentes propositions pédagogiques de la part du service culturel de la ville. Sa direction a souhaité, de concert avec son équipe de médiation, orienter la découverte de ces peintures votives vers une approche technique et concrète de leur fabrication. A ainsi été conçue une mallette pédagogique permettant de suivre le travail d’un peintre d’ex-voto sur bois, du choix d’un support jusqu’à la pose du vernis final.
 
Deux panneaux des principales essences, mis en œuvre selon le principe de l’effeuillage, constituent l’entrée en matière. Ils présentent de manière sensorielle et expérimentale les 8 étapes suivies par le peintre : la récupération du panneau, son ponçage, son encollage, le ponçage de ce dernier, son impression, le tracé de la composition, la mise en couleur, la pose du vernis. Le matériel se compose donc de modules ou plateaux à casiers conçus comme des caisses à outils rassemblant les matériaux mis en œuvre selon ces phases de travail : la reconnaissance des essences de bois, les outils du ponçage, les instruments pour tracer le dessin sous-jacent (des charbons à la mine de plomb), la fabrication des brosses ou pinceaux (des soies au petit gris), un échantillonnage des colles animales, des huiles les plus utilisées, des pigments historiques, des principales gommes, térébenthines et résines composant les vernis. Un jeu de fiches pédagogiques documente chaque élément numéroté selon un code couleur, ensemble pouvant être diffusé sous forme de dossier à imprimer à partir d’un document numérique. Pour le reste, tout se prête à la manipulation, au toucher ou à l’olfaction.





 


 


 


 


Renseignements
Direction des affaires culturelle
Hôtel de Ville - 13220 Bouc-Bel-Air
Tél. 04.42.94.93.58

jeudi 16 mai 2019

Dossiers d’étude

Marignane et son château aux XVe et XVIe siècles d’après les titres de la maison ducale de Bourbon

Avril 2019
 
Il y a dix ans maintenant ont été entamées les campagnes de recherches et d'études des documents authentiques destinées à alimenter l'histoire et la conservation du patrimoine marignanais. L'association des Amis de Marignane et de la Provence a ainsi initié cette série en 2009, poursuivie jusqu'en 2017, année marquée par le dépouillement des registres de Jean Bertrand, notaire à Marignane de 1529 à 1560. Les recherches corollaires à cette étude s’étaient montrées riches en perspectives, puisque avait été repéré à cette occasion un inventaire du château de Marignane daté (mais par erreur) des environs de 1515, répertorié parmi les titres de la maison ducale de Bourbon. Cet ensemble archivistique se trouve lui-même inclus dans le fonds de la cour des comptes du parlement de Paris versé aux Archives nationales. La nécessité de sa consultation s'est rapidement exprimée, et bien évidemment imposée comme suite logique à ce travail au long cours. L'implication de la ville de Marignane et de sa direction culturelle s'est dès lors avérée nécessaire pour assurer la mise en œuvre d'une mission, puis d'une étude d'un ensemble qui semblait devoir quelque peu bousculer de fragiles certitudes historiques sur le Marignane médiéval et renaissant. En janvier 2019 s'est donc réalisé à Paris ce relevé, suivi de la transcription de 36 documents, rédigés en latin médiéval pour une bonne moitié d'entre eux. Ils côtoient les papiers touchant toutes les possessions de l'apanage des ducs de Bourbon, parmi lesquelles il faut désormais compter la terre et seigneurie de Marignane. Leur mise en contexte, leur classement chronologique, parfois leur re-datation, ont été aussi indispensables que l'identification de leur auteur. L'intérêt de la ville pour ces archives datées de 1402 à 1530, paraissait manifeste, au regard d'un fonds communal ne remontant pas au-delà des années 1550. D'autre part, la littérature érudite disponible sur le sujet, encore empreinte de l'héritage intellectuel du XIXe siècle, se présente à la fois comme anachronique pour tout chercheur ou curieux d'aujourd'hui, et surtout approximative quant à ses sources. René dit le Bâtard de Savoie, comme sa demi-sœur Louise, présentés comme seigneur et dame de Marignane à partir de 1516, ne semblent, d'après les archives nationales, n'y tenir le rang décrit ou n'y intervenir que bien plus tard. Quant aux principaux protagonistes du dossier ouvert par extraction de l'ancien fonds des ducs de Bourbon, ils brillent tout simplement par leur absence des monographies locales, que ce soit cet Antoine de Varey, vendeur, ou ces « seigneur et dame duc et duchesse » de Bourbonnais et d'Auvergne, acquéreurs de terres provençales qu'on sait désormais aux mains d'une certaine Anne de France en 1517 et de son gendre le connétable. C'est en effet, dès la première lecture, ce qui ressort de l'inventaire dressé en 1874 par Albert Lecoy de La Marche des « titres de la maison ducale de Bourbon ». Ce paléographe célèbre pour ses travaux sur le roi René s'est attelé à une tâche laissée inachevée au décès de son prédécesseur Alphonse Huillard-Bréholles. Ce dernier avait été missionné par le ministre impérial pour un premier tome paru en 1867, celui des « Titres de la maison ducale de Bourbon. Inventaires et documents publiés par ordre de l'Empereur sous la direction de M. la Marquis de Laborde ». C'est grâce à leurs travaux qu'ont émergé, concernant Marignane, titres de propriété, actes d'acquisition, de prise de possession, de vente des fruits ou usufruits de la seigneurie, correspondance sur son état et ses revenus, copies d'actes anciens aliénant certains biens, inventaires. A partir des 36 documents produits pour et en conséquence de cette acquisition, s'est opérée une collecte et un archivage de clichés numériques. Une transcription de chaque pièce a conduit, pour celle qui le nécessitait, à une traduction du latin médiéval, puis à une extraction d'informations selon qu'elles alimentent une histoire seigneuriale, communale, personnelle, celle d'un lieu-dit ou d'un élément du patrimoine bâti. L’étude met ainsi à jour et précise la succession des seigneurs et dames du lieu, de François de Baux, son frère Guillaume de Baux, Yolande d’Aragon, Barthélemy Valori, Césarie d’Arlatan, Gabriel Valori, Louis Valori, Charles du Maine, René d’Anjou, Jean Cossa, René Cossa, Antoine de Varey, Jean Panisse, jusqu’à Anne de France, Suzanne de Bourbon, Charles de Bourbon, François Ier, Louise de Savoie, de même que celle des fermiers de la seigneurie au début du XVIe siècle, de Louis Balbe de Berton d’Avignon, Charles Bouquier de Marseille, Louis de Malleville de Marignane, à Antoine Coriolis d’Aix. Y interviennent également d’éminentes personnalités, indirectement comme le banquier lyonnais Thomas Gadagne, ou directement comme Pierre Filholi, archevêque d’Aix, Pierre Lestra, secrétaire des ducs de Bourbon, ou encore Jacques Cornillier, auditeur des comptes de Louise de Savoie. La masse (et manne) documentaire exploitée apporte un inestimable éclairage sur le patrimoine local et l’histoire communale, qu’il s’agisse de celle de la communauté, de son conseil, ses greffiers et ses notaires (dont la filiation a pu être en grande partie reconstituée de 1400 à 1565), ou de celle du territoire. Un état est ainsi dressé de la ville fortifiée, du château, de sa bibliothèque (inventoriée en 1521, et rassemblant de nombreux incunables issus des presses lyonnaises), de son grand jardin, des moulins, du quartier du Devens, de l’étang de Bolmon, du bourdigue, des marais de la Palun, du salin du Lion, de l’actuelle commune de Gignac-la-Nerthe. Des pistes de futures recherches en ont émergé : la reprise de l’étude sur le retable Renaissance malencontreusement associé aux Savoie alors que sa datation (et son iconographie) coïncident précisément avec la période de possession d’Anne de France, la poursuite des recherches sur la fondation de la chapelle Notre-Dame du Devens d’après les nouvelles indications sur le site de son implantation, l’éventuelle mise en évidence par l’archéologie de quelques projets arrêtés par le conseil de Louise de Savoie. Soucieuse de rendre accessible le dossier aux publics et aux chercheurs, la direction des affaires culturelles en a fait déposer un exemplaire aux archives communales, consultable sur demande.
 
Renseignements :
 
Direction des affaires culturelles de la ville de Marignane
53 avenue Jean Mermoz – 13700 Marignane
04 42 31 12 42
 
Archives municipales de Marignane
Bibliothèque Jean d’Ormesson
Avenue de Figueras - 13700 Marignane
04 42 31 12 40

jeudi 9 mai 2019

Dossiers d’étude

Le tableau, le décor peint et le mobilier de la chapelle Saint-Barthélemy.

Dossier d’étude sur un ensemble donné par Christian Dior à la commune de Montauroux.

Mars 2019

La chapelle Saint-Barthélemy de Montauroux ne présente guère d’intérêt architectural pour tout curieux ou promeneur visitant cette extrémité du département du Var. C’est aussi ce qu’avait conclu la commission des monuments historiques qui en avait rejeté la proposition de classement en 1956, pour finalement procéder à celui de tout le décor intérieur et du mobilier deux ans plus tard. En 1953, ce petit sanctuaire surplombant le village appartenait encore à Christian Dior qui avait récemment acquis à Montauroux le domaine de la Colle Noire, auquel se trouvait curieusement attaché l’édifice consacré au saint patron du lieu. Un don à la commune à la fin de cette même année lui a permis de clarifier les questions d’une propriété de longue date controversée et jamais véritablement tranchée… depuis le XVIIIe siècle.
La société des Parfums Christian Dior, qui a acquis le domaine en 2013, toujours impliquée dans la mise en valeur du patrimoine passé entre les mains du créateur, a donc initié une étude sur le tableau du maître-autel, ceux du pourtour, les lambris peints, le retable de gypserie, l’autel et le tabernacle de la chapelle. La restauration de cette dernière avait en effet été engagée par Christian Dior lui-même, puis posée comme condition relative à sa cession enregistrée par délibération du conseil municipal. Sur proposition de l’historien Frédéric d’Agay, le dossier s’est ouvert et concentré sur le tableau du retable, une Annonciation et saint Barthélemy, visiblement antérieur à l’édification de la chapelle datée de 1634 par les derniers travaux historiques locaux. Le dépouillement des archives épiscopales de Fréjus est venu confirmé sa mise en place entre 1600 et 1613, avant donc un agrandissement et une reconstruction documentés entre 1634 et 1639. L’identification de sources anversoises, romaines, bellifontaines et provençales a éclairé le contexte de la commande et de l’exécution de l’œuvre.  La superposition avec le compartiment d’un triptyque bas-alpin signé et daté de 1614 a guidé une attribution qui ne fait guère de doute, d’autant que le peintre était déjà bien connu entre Draguignan et la Provence orientale. La datation du retable de gypserie, pour lequel un nom de maçon montaurousien a été avancé, de même que celui d’un ou une auteur(e) pour les treize tableaux de la vie de la Vierge appendus au XVIIIe siècle par les pénitents blancs dont la titulature se devinait déjà à travers le sujet figuré au maître-autel. Réalisés par une main malhabile, dans une veine populaire caractéristique des années 1750, quasiment tous reprennent une estampe identifiée à l’occasion de cette étude. Se dévoile ainsi une collection d’images gravées provenant de toute l’Europe, ensemble jusqu’à présent insoupçonné dans l’entourage des pénitents de Montauroux. Les lambris peints ont inclus et complété cette série dans les années 1780-1785, avant que l’autel et le tabernacle de l’église paroissiale ne gagnent la chapelle en 1843. De fait, l’étude des peintures et du mobilier a permis de réécrire ou préciser l’histoire du monument qui les a accueillis, jusqu’à des interventions datées de 1954 qu’il est tentant de mettre au compte de relations que Christian Dior avait tissées avec le milieu culturel et artistique grassois. Par ailleurs saint Barthélemy patronnait anciennement les tanneurs et les gantiers, à l’origine d’une parfumerie qu’est précisément venu développer le créateur en pays de Fayence.
Soucieuse de la diffusion culturelle et scientifique de cette étude, la société des Parfums Christian Dior a remis un exemplaire de cette étude communicable au public, sur demande, à la ville de Montauroux, à la conservation régionale des monuments historiques, à la Société d’études scientifiques et archéologiques de Draguignan, au musée bibliothèque Paul Arbaud d’Aix-en-Provence.

jeudi 3 janvier 2019

Publications

Présence du praticien sur les ex-voto médicaux et chirurgicaux conservés au musée Ziem de Martigues (Bouches-du-Rhône)




Dans le sillage des travaux préparatoires à la publication consacrée à la collection d’ex-voto peints du musée Ziem de Martigues, Mme Danielle Gourevitch, ancien directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études (sciences historiques et philologiques), spécialisée dans l’histoire de la médecine, a souhaité mettre en œuvre ce projet véritablement pluridisciplinaire. Son apport s’est ainsi conjugué à celui de Mme Lucienne del’Furia, conservateur en chef du musée, et de M. Jean-François Hutin, ancien interne des hôpitaux de Bordeaux, radiologue à Reims, auteur d’ouvrages sur l’histoire de la médecine. D’une sélection de six petites œuvres mettant en scène le paradoxal « miracle médical », est né ce « numéro spécial consacré à une belle série de tableautins votifs offerts à l’occasion d’une guérison obtenue pour soi-même ou pour un proche ». Il offre ainsi un regard d’une richesse inhabituelle, historique, artistique, technique, scientifique, sociologique, aigu voire chirurgical…

 
Lucienne del’Furia, Danielle Gourevitch, Jean-François Hutin et Patrick Varrot
Présence du praticien sur les ex-voto médicaux et chirurgicaux conservés au musée Ziem de Martigues (Bouches-du-Rhône)
Supplément à la revue Histoire des Sciences médicales, 2018, volume 5, n°2
pp.4-31

Publication e.sfhm diffusée par la Bibliothèque interuniversitaire de santé (Paris), au titre de la collaboration amicale qui l’unit à la Société française d’histoire de la médecine.
 
http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/esfhm/esfhmx2018x02/esfhmx2018x02x004.pdf

lundi 24 septembre 2018

Conférence

Alphonse Charrier (1830-1906) : peintre de Saint-Chamas et du pourtour de l’Etang de Berre.

Vendredi 5 octobre 2018 à 18h00
Saint-Chamas, Salle municipale
Avenue des 53
Organisée par les Amis du Vieux Saint-Chamas
Dans le cadre des 70 ans de l’association
 
Alphonse Charrier (1830-1906) fait partie de ces artistes que l'on cantonne volontiers à leur lieu de résidence et à leurs activités mineures. Né à Cornillon, installé à Saint-Chamas, il a œuvré dans la peinture, la photographie et la sculpture. On ne connaissait jusqu'à présent que ses quelques travaux conservés à Saint-Chamas, toiles religieuses, ex-voto, portraits au pastel et clichés publiés par l'instituteur Justin Chabaud en 1903. Une récente étude de la collection des ex-voto du musée de Martigues vient désormais apporter un nouvel éclairage sur cet artiste : trois œuvres signées ou attribuées y ont été découvertes, dont un très rare portrait de prud'homme. L'occasion s'est ainsi présentée d'enquêter sur ses origines, sa formation, ses sources d'inspiration, sa clientèle, ses méthodes de travail, ses modèles, et de le replacer parmi les peintres régionaux de son époque. La conférence proposée rafraîchira ainsi, au fil des images projetées, le portrait de cette figure un peu plus que saint-chamassenne.
 
Entrée gratuite
Renseignements
Musée municipal Paul Lafran
Place des Pénitents
13250 SAINT-CHAMAS
04.90.50.85.61
musee.paullafran@free.fr

jeudi 2 août 2018

Dossiers d’étude

L’Annonciation de l’église de Jonquières :

Une toile et une peinture murale documentées de Pierre Bainville à Martigues (1692-1694).

Dossier d’étude préalable à la restauration du tableau, sur l’œuvre et la biographie du peintre.

Juillet 2018
 
Parallèlement au projet de réfection générale de l’édifice, la Ville de Martigues, par son service Ville d’art et d’histoire, a souhaité engager une étude de fond sur l’ancien tableau de son maître-autel.
L’Annonciation avait été reléguée dans une chapelle latérale dans les années 1970, en mauvais état et séparée de ses deux toiles latérales figurant saint Genest et saint Benoît. Classée au titre des monuments historiques en 2011, elle a fait l’objet d’une attribution au peintre Pierre Bainville par Agnès Barruol, conservateur des antiquités et objets d’art du département des Bouches-du-Rhône. En attente de restauration au Centre interrégional de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP) à Marseille, l’œuvre a donc bénéficié d’une étude historique approfondie qui alimentera le cahier des charges de la restauration, un projet de remise en situation des peintures dans le chœur de l’église, et des propositions de médiation à destination des publics.
La découverte du prix-fait, de la quittance et d’un acte de cession de dette pour le paiement des tableaux a permis de confirmer l’attribution à Pierre Bainville et de dater la réalisation d’entre septembre 1692 et avril 1694. Auteur d’un monumental « faux retable » dont certaines parties peintes à la détrempe ont été redécouvertes derrière l’abside bâtie entre 1867 et 1871, le peintre a traité avec sept commanditaires et financeurs engagés dans une véritable entreprise à destination de la communauté du quartier de Jonquières. Grâce à un dépouillement systématique des registres de notaires de Martigues entre 1680 et 1700, tous ont été identifiés, leurs motivations révélées… tout comme l’existence insoupçonnée de modèles ou répliques des toiles chez un particulier. Ce travail a également permis de retracer toute l’histoire de l’aménagement et de l’ornementation du sanctuaire, durant les deux décennies préparant la mise en place de cet ensemble pictural du Grand Siècle à Martigues. D’autres peintures et sculptures conservées par la ville ont aussi enfin trouvé auteur dans le cadre de cette démarche qui a dessiné le contexte d’une véritable ville d’art à la fin du XVIIe siècle.
La source gravée de l’œuvre de Saint-Genest, réinterprétée par Pierre Bainville, a été précisément identifiée, associée au corpus des peintures de Nicolas Poussin mais toujours disputée par les spécialistes entre son catalogue et celui du Lorrain Charles Mellin. Bainville l’avait aussi employée pour le même sujet peint à Tourves dans le Var, deux ans plus tôt. Cette parenté, déjà connue, a permis de découvrir le prix-fait et la quittance, tous deux inédits, donnés pour cette Annonciation varoise. Ces documents ont apporté des détails biographiques, iconographiques et techniques inespérés pour l’étude du tableau martégal. Une troisième version très proche, conservée à Venelles en pays d’Aix a, par voie de conséquence, été associée à cet ensemble.
Le second volet de ce dossier d’étude s’intéresse donc à un peintre, encore relativement méconnu, mais tout de même blasonné aux côtés des quatre principaux artistes marseillais en 1696. De fait, la biographie et le catalogue des œuvres de Pierre Bainville ont été revisités, mis à jour et dûment complétés, notamment par la découverte de ses origines parisiennes, d’un début de carrière à Grasse, jusqu’à présent ignoré, l’existence d’un (ou même deux) fils peintres aussi. Le corpus de ses peintures intègre maintenant un tableau de jeunesse aux Mujouls dans les Alpes-Maritimes, et une toile de sa période aixoise à Simiane-Collongue.
Point de départ d’une série de décisions sur le devenir de l’œuvre martégale, des suites de cette étude seront connues, visibles, audibles et tangibles d’ici un an environ.
 
Renseignements
Service Ville d’Art et d’Histoire
Direction culturelle de la ville de Martigues
Quai Lucien Toulmond
13500 MARTIGUES
04.42.10.82.71