Le blog d’un chercheur et formateur en histoire de l’art

Le blog d’un chercheur et formateur en histoire de l’art
en Provence… et ailleurs


L’art où, par qui, et comme il s’est fait.
Les articles régulièrement postés ici rendent compte d’une activité de recherche, de publication et de conception d’outils pédagogiques.
Ce blog déroule une vision concrète et sensible de l’histoire de l’art entrevue dans ses relations de proximité avec un territoire, avec des artistes parfois surpris dans leur travail d’atelier.
Une collection de monographies sur des peintres méconnus invite à (re)découvrir un patrimoine parfois insoupçonné en Provence. Des publications et des conférences en communiquent les récentes mises à jour. Des dossiers d’étude à destination des collectivités contribuent à la connaissance, aux décisions de conservation et aux choix de mise en valeur d’œuvres longtemps ignorées voire remisées.
Un ensemble de supports et matériels pédagogiques s’adresse à des publics divers, allant de l’outil de médiation à l’objet de formation.

Patrick Varrot
Formation, recherches et publications en histoire de l'art
Marseille
Pour tout contact: patrick.varrot@wanadoo.fr

mardi 28 novembre 2017

Dossiers d’étude

Histoire monumentale de Marignane d’après les documents authentiques du notaire Jean Bertrand (1529-1560) : l’église Notre-Dame de Nazareth, la chapelle Notre-Dame du Devens, la maison de ville, le château des Tende-Savoie.

 
Avril 2017
 
 
Quatrième volet de la série d’études marignanaises « d’après documents authentiques », ce fascicule propose une remontée dans le temps et dans les sources. L’année 2013 avait été consacrée à une campagne de recherches accompagnant la restauration de la chapelle Notre-Dame de Pitié (voir l'article). Le dépouillement systématique des registres de notaires et des procès verbaux des visites épiscopales avait alors apporté un nombre non négligeable de documents insoupçonnés. Forte de ces résultats tangibles, l’association des Amis de Marignane et de la Provence, de concert avec la ville, a engagé une seconde étude en 2015 sur l’église paroissiale (voir l'article), puis une troisième en 2016 sur la période de 1550 à 1645 pour laquelle le fonds des notaires de Marignane a livré une quantité considérable d’actes (voir l'article). S’est, à cette occasion, révélée l’existence de vingt-quatre registres du notaire marignanais Jean Bertrand couvrant les années de 1529 à 1560.  Inclus dans le fonds de l’étude marseillaise Blanc-Prévot-Giraudie versé aux Archives départementales, ces documents ont très certainement été transférés par Charles Lebon, notaire à Marseille de 1629 à 1674. Son nom l’identifie en effet comme descendant et successeur de Charles et Honoré Lebon, tous deux détenteurs de la charge à Marignane de la fin du XVIe au début du XVIIe siècle. Le parcours des registres du notaire Jean Bertrand a permis un certain nombre d’éclaircissements et de rectifications tout en apportant son lot d’inattendu. S’éclaire ainsi l’histoire des plus anciennes chapelles latérales de l’église paroissiale, celles de Notre-Dame de Pitié, de l’Annonciade, de Saint-Antoine et de Saint-Sébastien, la création de deux chapelles au début du XVIe siècle, celles de Sainte-Marie-Madeleine et de Sainte-Catherine, encore visibles et destinées à une prochaine restauration. Les délibérations de la communauté et prix-faits pour la surélévation du clocher tel qu’il se voit aujourd’hui permettent d’en connaître les auteurs, les tailleurs de pierre Guillaume Benoît (Guilhermus Benedicte) d’Aix, et Maurice Raynier de Marignane, ainsi que la date de 1533-1535, entrepris en hommage à François Ier dont figuraient les armes sur un écusson perdu. Se révèlent également les projets d’agrandissement du sanctuaire dès 1560. L’existence de la chapelle Notre-Dame de Pitié, dite alors « du Devens », se trouve désormais attestée dès 1540 et le Calvaire, ainsi que les sept oratoires dont un seul relief est conservé, associés au nom du sculpteur pertuisien Nicolas Petit, sollicité grâce aux dispositions testamentaires d’un laboureur marignanais. L’horloge de la maison commune, portant la date de 1516 ne daterait curieusement que de 1552-1559, simplement millésimée en hommage aux Savoie-Tende. Un document de première importance vient documenter l’histoire du château, propriété de Claude de Tende, précisément décrit et inventorié en 1540, embelli dès 1552-1559 par les maçons Jean Aruel (ou Arvel) et Barthomieu Raynier, ainsi que le gypier Jean Mille, sous la direction de l’architecte marseillais Jean Leconte. Des interventions dans son grand jardin, peu à peu transformé en parc, font également partie du projet. Quelques œuvres d’art inattendues sont désormais connues à Marignane, comme un « beau » portrait de Claude de Tende, des vitraux à ses armes, ainsi qu’une grande bannière de saint Christophe marquant l’ancienne entrée du château et de sa chapelle, toutes disparues. Enfin, ont été trouvés des actes inédits sur les liens très étroits entre Claude de Tende et le capitaine Antoine Escalin des Aimars, préparant certainement à ses côtés, peut-être à Marignane même, la mission diplomatique que François Ier lui confiera en 1541 pour négocier avec Soliman le Magnifique. Autant de repères historiques qui vont alimenter une série de documents sérieusement remis à jour sur le patrimoine de la commune, diffusés en collaboration avec l’Office du Tourisme.
 
Renseignements
Association des Amis de Marignane et de la Provence
5, rue Foch - 13700 Marignane
04 42 34 87 32

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