Le blog d’un chercheur et formateur en histoire de l’art

Le blog d’un chercheur et formateur en histoire de l’art
en Provence… et ailleurs


L’art où, par qui, et comme il s’est fait.
Les articles régulièrement postés ici rendent compte d’une activité de recherche, de publication et de conception d’outils pédagogiques.
Ce blog déroule une vision concrète et sensible de l’histoire de l’art entrevue dans ses relations de proximité avec un territoire, avec des artistes parfois surpris dans leur travail d’atelier.
Une collection de monographies sur des peintres méconnus invite à (re)découvrir un patrimoine parfois insoupçonné en Provence. Des publications et des conférences en communiquent les récentes mises à jour. Des dossiers d’étude à destination des collectivités contribuent à la connaissance, aux décisions de conservation et aux choix de mise en valeur d’œuvres longtemps ignorées voire remisées.
Un ensemble de supports et matériels pédagogiques s’adresse à des publics divers, allant de l’outil de médiation à l’objet de formation.

Patrick Varrot
Formation, recherches et publications en histoire de l'art
Marseille
Pour tout contact: patrick.varrot@wanadoo.fr

vendredi 28 avril 2017

Conférences

Peindre en Provence à la Renaissance : cycle de 10 conférences virtuelles

Proposé par l’Université Virtuelle du Temps Disponible
 
 
 
Vendredi 9 juin 2017
15h00 – 16h00

Peindre en Provence à la Renaissance

Partie 5

De retour de Rome… (1540-1560)

Si tous les chemins y mènent, beaucoup en reviennent également. Rome a constitué le creuset de la Renaissance classique entre 1500 et 1520, portant au pinacle ses plus emblématiques représentants, Raphaël et Michel-Ange. A leur humble côté s’y repèrent les premières communautés d’artistes français, formés à la « grande » ou « belle » manière, riches de nouveaux modèles et imprégnés d’une culture internationale. Dès les années 1530, ayant probablement fui le traumatisant Sac de Rome de 1527, apparaît en Provence cette nouvelle génération de peintres abondamment sollicités par les marchands et banquiers d’Avignon, l’aristocratie parlementaire aixoise et des prélats fortement italianisés.  Au savoyard Henri Guigues s’adjoignent ainsi un encore mystérieux Jean de Condon, le désormais célèbre champenois Simon de Mailly (dit de Châlons), le néerlandais Laurent Roterdam et le bourguignon Pierre Malet dont la présence en Provence et à Rome a ravivé l’intérêt des chercheurs. Réminiscences directes ou modèles gravés alimentent leurs œuvres. Certaines garnissent encore les collections et monuments romains, d’un côté, de grands établissements culturels, des sanctuaires, mais aussi de petits musées associatifs locaux ou collections confidentielles, de l’autre.
 
Vendredi 7 juillet 2017
15h00 – 16h00

Peindre en Provence à la Renaissance

Partie 6

Présences italiennes en Provence (1560-1590)

Les offres françaises ne manquèrent pas aux artistes italiens, issus de l’atelier de Raphaël notamment, sur le royal chantier de Fontainebleau en particulier. Entrés dans le concert du maniérisme international, le royaume et ses provinces réservèrent un accueil apparemment bienveillant (intéressé aussi…) aux peintres ultramontains et à leurs œuvres. La Provence n’a curieusement guère attiré l’attention sur cet aspect transfrontalier dans la seconde moitié du XVIe siècle. On y relève pourtant la présence d’un Camillo Saturno, à Fréjus et à Aix, signant ostensiblement « Romanus », et d’un Giovanni Capassini « florentin » à Aix et tout le long de la vallée du Rhône jusqu’à Lyon. On pourrait associer le premier au cercle raphaëlesque de Luca Penni, le second à son réputé maître toscan Andrea del Sarto. Et tous deux à des élèves et successeurs qui intégrèrent l’héritage italien dans leur peinture, comme le lyonnais Etienne Martellange, aussi passé par la Provence entre Lyon et Rome. Mais à trop regarder vers la Ville Eternelle, on oublie souvent d’autres foyers italiens exportateurs d’artistes et d’œuvres, préparant déjà vers 1570 l’orientation classique et contre réformatrice de la peinture. A un encore méconnu Coriolano Malagavazzo de Crémone sont déjà donnés deux tableaux en Provence. De quoi guider le regard et la curiosité vers la Lombardie aussi.
 
Connexion par internet via un ordinateur, une tablette tactile ou un smartphone.
Conférences interactives permettant à tous les participants d’échanger en direct avec le conférencier et entre eux.
 
Inscription et programme sur le site de l’UVTD :
Renseignements :
01 81 51 68 78

mercredi 1 mars 2017

Conférence

Les peintures murales de l’Annonciade et l’atelier martégal des Blaÿ, Bernard, Flaugier et Hilaire (1704-1870)


Mardi 21 mars 2017 à 18h30
Martigues, Chapelle de l’Annonciade
Rue du docteur Sérieux − Jonquières

Dans le cadre des mardis du patrimoine


La chapelle des Pénitents Blancs de l’Annonciade offre l’expérience enveloppante d’un décor polychrome. Élément manquant jusqu’en 1754 (et non 1734), les peintures murales constituent la part essentielle de ce déploiement baroque qui, de plus, est signé.
« Blaÿ père et fils » demeurent curieusement des noms sans grande résonance à Martigues. Ils y ont pourtant fondé un atelier ayant marqué de son empreinte le paysage imaginaire d’un territoire pendant près de deux siècles. Et ce précisément à partir de leur intervention sur les parois de l’Annonciade, première œuvre initiant un catalogue couvrant XVIIIe et XIXe siècles. Une sorte de matrice associant Guillaume et Joseph Blaÿ, auxquels succéderont Joseph-Bernard Flaugier, Jean-André et Joseph-Antoine Bernard puis Joseph Hilaire, à Martigues, autour de l’étang, en Provence et en Catalogne. Répondant précisément aux besoins en images d’une population croissante, ils nous ont laissé peintures monumentales, « tapisseries », panoramas, toiles de retables, bannières, ex-voto, portraits, recueil de botanique, etc.
Renseignements et réservations :
Archives Communales de Martigues
archives-communales@ville-martigues.fr
Tél. 04 42 44 30 65

lundi 9 janvier 2017

Conférence

Peindre en Provence à la Renaissance : cycle de 10 conférences virtuelles

Proposé par l’Université Virtuelle du Temps Disponible
 
 
Vendredi 3 février 2017
15h00 – 16h00

Peindre en Provence à la Renaissance

Partie 1

Le crépuscule des Primitifs (1490-1510)

La peinture de la Renaissance évoque pour beaucoup la notion de chef-d’œuvre, d’art courtisan et d’apparition de l’académisme. Peindre en province, en Provence, au XVIe siècle, répond à des considérations souvent autres. Les Primitifs, définis comme peintres sur panneaux aux XIVe et XVe siècles, en ont été redécouverts et mis à l’honneur depuis la grande exposition nationale de 1904 au Louvre. Parmi eux, quelques personnalités ont œuvré à Avignon, Aix et Marseille à l’aube de la Renaissance. A Nicolas Dipre, venu de Paris, Josse Lieferinxe du Hainaut, sont données des peintures que se partagent aujourd’hui de grands musées en Europe, aux Etats-Unis, en Russie, etc. Sur leurs retables démembrés, toiles, dessin sur parchemin, s’observent une nouvelle vision et de nouvelles pratiques enrichissant l’héritage médiéval : un dessin plus nerveux caché sous des formes plus apaisées, une lumière encore jamais expérimentée, des détails parfois triviaux extraits du quotidien, une rare ampleur donnée aux vues de ville et paysages.
 
Vendredi 17 février 2017
15h00 – 16h00

Peindre en Provence à la Renaissance

Partie 2

Au débouché des vallées alpines (1500-1520)


Fraîchement rattachée à la France, la Provence connaît un afflux de peintres piémontais et savoisiens vers 1500. Pierre Bœuf, originaire de Sisteron, semble avoir joué à ce titre un rôle transmetteur le long de la vallée de la Durance. Il a probablement collaboré avec Hans Clemer, cousin de Josse Lieferinxe déjà rencontré au cours de notre première rencontre du cycle. Alternativement actif autour de Saluces, d’Aix et de Marseille, on reconnaît des deux côtés des Alpes son apport à une peinture provinciale pleinement entrée dans la « Renaissance ». L’occasion est ici donnée de découvrir en détail des œuvres peu connues, soigneusement conservées dans de petites localités comme Pertuis, Pélissanne, Vinon-sur-Verdon, Cabriès, Jouques, La Celle, Aups, mais aussi Celle Macra, Elva ou Centallo du côté italien.
 
Vendredi 7 avril 2017
15h00 – 16h00

Peindre en Provence à la Renaissance

Partie 3

Le dynamisme marseillais des années (1520-1530)

François Ier en a fait « la clé du royaume ». Marseille devient alors un creuset pour qui veut y faire des affaires, peintres et artisans compris. Un véritable relais s’y opère entre la Provence orientale, le comté de Nice, et Avignon ouvrant sur le Comtat venaissin. Trois grandes personnalités s’y sont imposées entre 1510 et 1530 : Etienne Peson, peut-être d’Arles, Jean Cordonnier dit de Troyes, et Antoine Ronzen probablement de Ronse ou Renaix en Flandre orientale. Véritables peintres entrepreneurs, ils ont conçu et laissé d’immenses œuvres exécutées à plusieurs mains. On y décèle des modèles employés à foison qu’on a plaisir à identifier en feuilletant les premiers albums de gravures commercialisés à grande échelle. Le style personnel apparaît dès lors comme premier gage de distinction pour ses artistes qu’on suit non seulement à Marseille, à Aix, mais également à Saint-Maximin, Pignans, Biot, Puget-Théniers, Villars-sur-Var.
 
Vendredi 12 mai 2017
15h00 – 16h00

Peindre en Provence à la Renaissance

Partie 4

Le poids de l’héritage niçois en Provence orientale (1525-1560)

Nice et son « arrière pays » ont véritablement connu leur adhésion au mouvement renaissant à travers la figure de Louis Bréa autour de 1500. Ces territoires appartiennent alors au duché de Savoie, sans pour autant que sa limite fluviale du Var ne constitue un obstacle à l’échange artistique. Certaines des œuvres de Bréa ont déjà gagné la Provence, à Six-Fours notamment, avant que ses successeurs ne consolident ce pont. Antoine Bréa semble même y multiplier les séjours et les activités : à Marseille, peut-être à Puget-Théniers, à Grasse et dans les environs de Draguignan. Si la vivacité et l’originalité niçoise s’éteignent vers 1525 à travers l’œuvre impersonnelle de François Bréa et la migration d’autres peintres vers Marseille et Avignon, l’héritage s’en exporte d’autant plus facilement. A Antibes avec l’encore mystérieux Antoine Aondi, en pays dracénois où œuvrent un certain Jean de Guélin suivi du picard André Carton dit Hurlupin récemment redécouvert. A proximité de réputés lieux de villégiature sera ainsi exploré un patrimoine méconnu, de la Côte d’Azur aux confins de l’ancien diocèse de Fréjus.
 
Suite du cycle :
 
Vendredi 9 juin 2017
15h00 – 16h00
Peindre en Provence à la Renaissance
Partie 5
De retour de Rome… (1540-1560)
 
Vendredi 7 juillet 2017
15h00 – 16h00
Peindre en Provence à la Renaissance
Partie 6
Présences italiennes en Provence (1560-1590)
Connexion par internet via un ordinateur, une tablette tactile ou un smartphone.
Conférences interactives permettant à tous les participants d’échanger en direct avec le conférencier et entre eux.
 
Inscription et programme sur le site de l’UVTD :
Renseignements :
01 81 51 68 78

lundi 28 novembre 2016

Dossiers d'étude

Un atelier de peintres actif à Martigues (1704-1870) : Guillaume et Joseph Blaÿ, Joseph-Bernard Flaugier, Jean-André et Joseph-Antoine Bernard, Joseph Hilaire.

Dossier d’étude autour des peintures murales de la chapelle des Pénitents Blancs de l’Annonciade.

 

Novembre 2016
 
Cette étude initiée à la demande du Service ville d’art et d’histoire de Martigues, en collaboration avec le musée Ziem, a occasionné la reprise, l’augmentation, et surtout la mise à jour de monographies sur la dynastie des peintres martégaux Blaÿ et Bernard. Après l’obtention du label « ville d’art et d’histoire », un des fleurons du patrimoine artistique et historique de Martigues a rouvert ses portes au public après des années de restauration. Monument majeur de l’époque moderne, la chapelle des Pénitents Blancs de Jonquières, placée sous le titre de l’Annonciade, offre donc à nouveau aux visiteurs l’expérience enveloppante d’un décor polychrome du sol au plafond. Elément manquant jusqu’en 1754 (et non 1734 comme il est développé dans le document), les peintures murales constituent la part essentielle de ce déploiement baroque, qui plus est signée donc historiquement documentée. « Blaÿ père et fils », réalisateurs de ces « mystères » figurés, demeurent pourtant des noms sans grande résonance à Martigues. Ils ont pourtant fondé un atelier, voire une dynastie de peintres ayant marqué de son empreinte le paysage imaginaire d’un territoire pendant près de deux siècles sans discontinuer. Et ce précisément à partir de leur intervention sur les parois de l’Annonciade, première œuvre initiant un catalogue et une succession biographique traversant XVIIIe et XIXe siècles. La vie artistique autour de l'Etang de Berre n'est, il est vrai, souvent évoquée qu'à partir de ce dernier et des paysagistes itinérants qu’il a produit. Les travaux d’historiens de l’art sur la peinture en Provence à l’époque moderne ont cependant déjà rempli des pages souvent ignorées, pour la fin du XVIe et le XVIIe siècle, sans qu’un véritable « foyer » artistique ne s’en dégage. Le nom et l’œuvre des Blaÿ viennent donc combler une lacune. Une série de travaux engagés entre 2010 et 2015 pour diverses collectivités et associations situées sur le pourtour de l’Etang de Berre avait permis de faire émerger, grâce à une prospection in situ et à un dépouillement systématique des archives d’abord notariales puis paroissiales et épiscopales, l’ampleur de l’activité et du nombre d’œuvres conservées.
Au titre des dernières découvertes générées par la mise en œuvre de ce dossier figurent l’acte de baptême de Joseph Blaÿ (1740-1795) à la paroisse Saint-Laurent de Marseille, l’intégration à son catalogue d’œuvres documentées comme un recueil de botanique à Avignon, une série de portraits des bienfaiteurs des hospices d’Arles, deux ex-voto attribués au musée Ziem et deux toiles anonymes déposées dans les réserves municipales, la présence de son père Guillaume Blaÿ (1704-1765) à Marseille pendant plus de dix ans, et surtout de son activité de « peintre en tapisserie », l’inventaire du mobilier garnissant en partie la maison-atelier de Joseph dans la rue Capoulière à Martigues, noyau d’une collection transmise sur quatre générations. De même vient parachever les notices biographiques des frères Bernard la transcription de leurs actes de naissance récemment trouvés, et pour Jean-André (1761-1810), celui de son décès à Marseille. La personnalité de ce peintre tend par ailleurs à se préciser grâce au rapprochement de nouvelles œuvres repérées au musée Ziem. Les traces documentaires se sont donc accumulées. Jean-André et Joseph-Antoine Bernard (1764-1835) peuvent désormais, grâce à leur identité recomposée, alimenter le plus riche chapitre de cette étude comme chaînons manquants entre grande peinture d’histoire religieuse et petit ex-voto populaire, entre siècle des Lumières et triomphe de l’industrie qui relégua leur dernier successeur au rang d’artisan vitrier et peintre en bâtiment. C’est en effet sur la biographie et le catalogue inédit de cet obscur Joseph Hilaire (1803-1870), venu de Marseille poursuivre, et certainement restaurer, l’œuvre de la dynastie martégale éteinte que se clôt l'étude. Ironie de l’histoire, ses interventions maladroites et dégradantes sont peut-être à l’origine de la conservation des peintures de la chapelle des Pénitents de Jonquières, où aux strates archéologiques dernièrement explorées peuvent désormais succéder un effeuillage artistique.
 
Renseignements
Service Ville d’Art et d’Histoire
Direction culturelle de la ville de Martigues
Quai Lucien Toulmond
13500 MARTIGUES
04.42.10.82.71

mercredi 21 septembre 2016

Dossiers d’étude

Histoire monumentale de Marignane d’après des documents authentiques. 1555 – 1645.

L’église Notre-Dame de Nazareth, la maison claustrale, la chapelle des Pénitents Blancs, la chapelle Notre-Dame du Devens, la chapelle Sainte-Anne, la maison de ville, le premier château des Covet, portes et remparts.

 

Juillet 2016
 
En 2013, grâce au projet initié pour la remise en place du tableau du retable de la chapelle Notre-Dame de Pitié, un ensemble assez inattendu d’actes a permis de connaître le contexte de l’arrivée d’une toile de maître dans ce petit sanctuaire rural. Le fonds des notaires de Marignane, paraissait par ailleurs contenir des réponses sur l’ancienneté de la chapelle dans les registres antérieurs à la période déjà écumée. Face à la masse documentaire estimée à plusieurs dizaines de milliers de pages, il fut décidé de relever l’intégralité des actes concernant les monuments les plus emblématiques de la commune, du bourg et de son terroir. Un intérêt particulier a été porté aux matériaux et aux techniques de mise en œuvre précisés voire décrits pour l’église Notre-Dame de Nazareth (actuellement Saint-Nicolas), la maison claustrale, la chapelle des Pénitents Blancs, la chapelle Notre-Dame du Devens (actuellement Notre-Dame de Pitié), la chapelle Sainte-Anne, la maison de ville, le premier château des Covet, les portes et remparts. Sont ainsi enfin datés et documentés précisément plusieurs édifices comme la chapelle des Pénitents Blancs, la façade de l’ancienne maison commune (datée à tort de 1516), la chapelle Sainte-Anne (à vieillir d’un siècle), le Portail neuf, lui à rajeunir, érigé dans le cadre d’un plan d’aménagement lié au château en 1607. Le nombre assez considérable d’actes relevés dresse de fait le portrait d’une société marignanaise de plus en plus « contractualisée » et surtout lettrée au début de la période moderne, traitant avec des maîtres maçons d’abord recrutés à l’échelon local, comme la dynastie des Aruel connue à partir du milieu du XVIe siècle, les frères Roman, dont on ne sait s’ils eurent une descendance dans le métier, établissant un pont avec Marseille. C’est de là que viennent la plupart des peintres révélés par la documentation marignanaise, jusqu’au milieu du XVIIe siècle au moins, qu’il s’agisse d’Esprit Castagnier, Julien Romani, Jean Delarue, Marcel Bernier, que les chercheurs marseillais ont jusqu’à présent délaissés. Jean-Baptiste Ier de Covet ouvre la voie aux artistes et artisans d’art aixois que son petit-fils Jean-Baptiste II sollicitera avec éclat vers 1665. On relève ainsi la présence des Monier, chargés d’un décor de gypserie, véritable spécialité aixoise développée grâce à l’abondance de la matière première. De Martigues viennent les meilleurs charpentiers, profession portée par le dynamisme de la construction navale au XVIIe siècle. Enfin, les plus habiles « peyrerons » et tailleurs sont recrutés sur la rive nord-ouest de l’Etang de Berre. Premiers des matériaux et « munitions », se rencontrent les pierres, celles de Font-Sarade au quartier de Jonquières à Martigues, la pierre rose de La Couronne, la pierre de taille de Saint-Chamas, la pierre blanche d'Istres, extraite de la carrière du Cargadou dominant les actuelles plages de Monteau et de Jeanone, enfin la chère et précieuse pierre de Calissanne. A plusieurs reprises intervient le sable dit « de Beaumont », autrement dit des sablières de l’Etang du Bolmon Les mortiers s'expérimentent en des techniques qui demanderaient à être identifiées sur le bâti encore conservé, comme celle du "rasclet " ou d’une cheminée « desgressade » demandée au château en 1605. Le plâtre ou « gip » vient, pour le meilleur et le plus fin, d’Eguilles, à profusion au château dès 1605. Un dossier attendu et conçu pour la mise à jour des connaissances sur le patrimoine de la commune, ainsi que pour les campagnes de restauration engagées depuis quelques années sur le bâti de ses monuments.
 
Renseignements
Association des Amis de Marignane et de la Provence
5, rue Foch - 13700 Marignane
04 42 34 87 32

vendredi 20 mai 2016

Conférences

Peinture et optique, un œil dans l’atelier : cycle de 4 conférences virtuelles

Proposé par l’Université Virtuelle du Temps Disponible
 
Lundi 6 juin 2016
17h00 à 18h00
 

Peinture et optique : un œil dans l’atelier

Partie 1

Les ombres projetées : de l’origine des arts aux théâtres populaires

 


C’est l’histoire d’un art qui ne cessa d’inventer. Immobile et immuable, la peinture fut paradoxalement conçue pour (é)mouvoir son spectateur et son auteur. En le stimulant par l’œil. L’optique en serait donc la racine et tous les mythes fondateurs s’accordent à reconnaître dans la naïve observation d’une ombre projetée l’origine de la peinture. Nous suivrons celle de l’amant d’une jeune corinthienne, de bergers antiques, d’un cheval... Bien au-delà du symbole, la pratique du geste dans les ateliers conduit à d’innombrables innovations, méthodes d’apprentissage et applications. L’expérience est attestée dès les années 1420 par un curieux dessin de « château des ombres », pour se poursuivre jusqu’à l’invention des photogrammes ou « peintures solaires », véritables embryons photographiques.
 
 
 
Lundi 11 juillet 2016
17h00 à 18h00

 

Peinture et optique : un œil dans l’atelier

Partie 2

Le miroir à l’œuvre

 

Les peintres l’appelaient pompeusement « catoptrique ». Cette science, ou plutôt mise en œuvre technique des effets du miroir constituera le fil directeur de ce second volet du cycle. Souvent abordé comme emblème, le miroir fut avant tout un outil réel, et même un « maître » pour les peintres. Des premiers autoportraits antiques « au miroir », aux autoportraits de profil suggérant un dispositif complexe dévoilé par les photographes, le miroir (souvent noir…) servit également à l’observation du paysage et au jugement de l’œuvre par les artistes eux-mêmes. Il inversa leur dess(e)in préparatoire et propulsa le spectateur dans leur peinture. D’instrument il devint médium et ouvrit ainsi la voie à la pratique de l’installation contemporaine.
 
 

 
 
 
 
Lundi 19 septembre 2016
17h00 à 18h00

Lundi 10 octobre 2016
17h00 à 18h00

 

Peinture et optique : un œil dans l’atelier

Partie 3

Les boîtes à voir (volets 1 et 2)

 

 
« Fenêtre sur le monde » la peinture ne se contenta pas de le donner à voir sur une surface. Cette troisième rencontre du cycle reliera en images les expériences des peintres visant à maîtriser la vision. D’abord une vitre, puis un voile, un « intersecteur », conduiront à concentrer l’image dans un boîtier, et ce à travers un trou d’aiguille. Ce « sténopé » emprunté aux astronomes trouva son application directe dans la « camera obscura », dont certains exemplaires « archéologiques » portent la marque de célèbres peintres. Ne reste qu’à revoir leurs dessins et leurs tableaux à la lueur de cet instrument qui, d’outil, devint œuvre d’art à part entière, et même attraction visuelle. Naquirent ainsi les boîtes à perspective, premiers « peep shows », puis de véritables architectures optiques comme les panoramas et dioramas qui avalèrent le spectateur.
 
  

 
 
Vendredi 25 novembre 2016
17h00 à 18h00

 

Peinture et optique : un œil dans l’atelier

Partie 4

Les anamorphoses ou « belles et curieuses perspectives »

 


Ultime et transgressive conquête de la peinture, l’anamorphose laissa perplexe les historiens de l’art qui ne lui prêtèrent attention qu’au XXe siècle. « Autodétruite », la peinture ne se forme et se redresse que dans l’œil du spectateur qui en aurait trouvé le bon angle de vue, parfois à l’aide d’un miroir. Cette quatrième et dernière partie du cycle propose de déployer l’éventail de ces « belles et curieuses perspectives ». Planes, obliques, catoptriques, anoptiques, cylindriques, coniques, à cannelures, tridimensionnelles, elles invitent au mouvement. Secrètes, cachées, drolatiques, virtuoses, elles intriguèrent, complotèrent, émerveillèrent, enseignèrent, divertirent. Au-delà de l’approche historique, nous ouvrirons cabinets de merveilles, traverserons galeries et jardins d’optique, salles d’académie, mais aussi cabinets d’architectes et agences publicitaires.
 
 

 
 
Grâce au soutien de la Fondation de France, la CNAV Ile de France, Orange, Old’up, l'UVTD permet de participer gratuitement aux conférences.
Connexion par internet via un ordinateur, une tablette tactile ou un smartphone.
Conférences interactives permettant à tous les participants d’échanger en direct avec le conférencier et entre eux.
 
Inscription et programme sur le site de l’UVTD :
Renseignements au bureau d’accueil des étudiants :
Priscille : 01 81 51 68 78

jeudi 21 avril 2016

Matériels pédagogiques : métiers, savoir-faire et techniques artistiques

Peindre au Moyen âge et à la Renaissance

Un meuble pour le Musée du Petit Palais d’Avignon

Le Musée du Petit Palais d’Avignon conserve l’une des plus importantes collections de peintures médiévales, en grande partie italiennes, en France.
Son service éducatif a souhaité la conception et l’élaboration d’un matériel pédagogique afin d’aborder, de manière concrète et en présence des œuvres, le travail des ateliers de peintres. Cette nouvelle phase complète une première expérience datée de 2012 autour d’un matériel basique composé des principaux supports, enduits, outils, encres et pigments.

 
 
 
 
 
Issu de recherches scientifiques et d’essais techniques, le meuble proposé rassemble désormais quatre tiroirs-mallettes transportables :

-         Peindre sur panneau au Moyen-âge,
-         Peindre sur panneau au Moyen-âge et à la Renaissance,
-         Outils, pigments, liants et vernis,
-         Peindre à fresque au Moyen-âge et à la Renaissance.

 
Utilisé lors de parcours thématiques dans les salles du musée, en compagnie de médiateurs, le matériel permettra d’effeuiller les œuvres et d’en découvrir les composantes, les phases d’élaboration, les aspects techniques et concrets.
Essences de bois des panneaux, nature et travail des enduits, fabrication des outils, gamme de couleurs, de médiums reconnaissables par leur textures et leurs odeurs permettent de comprendre l’élaboration des œuvres et la vie des ateliers.
La conception d’un matériel pédagogique autour de la peinture murale, à partir de restitutions par couches décalées sur des plaques de brique, constitue une expérience assez unique en la matière. La même mallette contient également des reconstitutions de dessins préparatoires à reporter sur mur, tels que patrons découpés, pochoirs (dont une rare pièce de feuille de plomb évidée), poncifs, etc. On y découvre également une série de méthodes pour imiter la dorure sur feuille d’étain à base de « liqueurs », vernis et glacis aux recettes ici dévoilées.

 
 
 
 
Chaque élément s’accompagne, dans chaque tiroir-mallette, d’une fiche documentaire déclinant ses diverses appellations, sa composition, sa méthode de fabrication ou d’obtention, ses divers emplois et son évolution historique.


Renseignements
Musée du Petit Palais
Service éducatif
Palais des Archevêques – Place du Palais des Papes
84000 AVIGNON
04 90 86 44 58
serviceeducatif.museepetitpalais@mairie-avignon.com